___J'ai pris la vie comme un jeu, mais je suis mauvaise perdante. Ce soir il pleut dans mon village, j'ai l'impression que la déprime c'est invité sans me le dire. J'ai appris tellement de choses sur moi-même et la vie en elle-même. J'ai découvert le sens d'aimer, de haïr, d'avoir le c½ur briser, d'être défoncer, de regretter, de rire à en avoir mal au ventre, de pleurer à en vomir, de souffrir à vouloir en mourir, j'ai connue la joie de vivre, j'ai compris le sens de bonheurs et de malheurs. J'ai appris ce que c'était d'avoir honte, de tomber amoureuse, de pleurer. J'ai fait tellement de choses qui ne me ressemblent même pas. Enchaînement de fiascos sentimentaux, qui en sont venu à faire beaucoup de mal. J'en suis devenue indifférente à tout. Tourner la souffrance en dérision, c'est tellement facile. Se battre sans résultat. J'ai le c½ur qui se démode, c'est trop banal d'être sentimentale. Je cherche mon chemin, entre les déceptions d'hier, et la peur du lendemain. J'ai besoin d'oublier, comme j'ai besoin de boire, oublier de me venger, d'effacer ma mémoire. Souffrir est une maladie évidemment, la vodka soulage plus que les médicaments. J'ai besoin d'oublier ce qu'on ma fait, oublier que mes victoires se conjuguent à l'imparfait. Ces blessures à l'intérieur ont pris de l'ampleur. Je ne suis pas une fille pour ma mère, pas une femme pour un mari, pas une amie pour mes ami(e)s, plus rien, voilà ce que je suis. Mais j'aimerai être naïve et croire que tout est éternel, que l'amour c'est pour la vie, que les amis sont tous fidèles.